Curiosité #4 : Combien existe-t-il d'espèces d'Hommes ?

Une question pas si simple !

Hola !

Ici Ulysse, en direct du Nouveau Monde. 🌎

Dans la Curiosité #3, nous nous sommes intéressés aux fourmis. Il en existerait plusieurs dizaines de milliers d’espèces.

À côté, nous faisons pâle figure. Si vous lisez ces lignes, je peux affirmer sans trop prendre de risque que vous êtes de la team Homo sapiens.

Et s’il existait d’autres espèces ?


Taxonomie

Pour répondre à cette question, il faut avant tout comprendre ce qu’est une espèce.

Pour classer les êtres vivants, on utilise des rangs taxonomiques. Ce sont les niveaux hiérarchiques de la classification scientifique du monde vivant. Pour faire simple, voici les rangs principaux :

  • Règne → Embranchement → Classe → Ordre → Famille → Genre → Espèce

Moyen mnémotechnique : RECOFGE

Voici la classification de notre espèce :

  • Animalia → Chordata → Mammalia → Primates → Hominidae → Homo → Homo sapiens

Entre la famille Hominidae et le genre Homo, on retrouve des rangs intercalaires :

  • Sous-famille : Homininae

  • Tribu : Hominini

  • Sous-tribu : Hominina

Nous faisons donc partie de la même famille que les chimpanzés, les gorilles ou les orangs-outans. Chaque embranchement, correspond à un ancêtre commun.

« Homme » vient du latin « Homo ». Pour compter le nombre d’espèces d’Hommes, il faut donc regarder ce qu’il se trouve à l’intérieur du genre Homo.


Espèce VS Race

Une espèce est formée par l'ensemble des êtres vivants qui peuvent se reproduire entre eux et avoir une descendance fertile. C’est l’unité de base de la classification du vivant.

Au sein d'une même espèce, il peut exister des différences, comme la couleur.

Pour regrouper, dans la même espèce, les êtres vivants qui se ressemblent davantage, on peut utiliser des groupes comme : les races, les sous-espèces, ou les variétés.

On parle de race pour les animaux domestiques, et de variété pour les plantes. Pour les animaux et les plantes sauvages, on utilise plutôt le terme de sous-espèces.

Certains animaux sauvages d’une même espèce ne vivent pas au même endroit. Si, techniquement, ils peuvent se reproduire entre eux, ils ne le font pas, car ils ne se rencontrent pas.

Exemple : on peut encore voir six sous-espèces (sur neuf) de tigres :

  1. Le tigre du Bengale

  2. Le tigre de Sibérie

  3. Le tigre de Chine

  4. Le tigre de Malaisie

  5. Le tigre de Sumatra

  6. Le tigre d'Indochine

Ils n'ont que quelques petites différences entre eux, au niveau de la taille ou des rayures.

Quand deux populations deviennent trop éloignées génétiquement, une nouvelle espèce apparaît. Il est important de comprendre qu’aucune espèce n’est figée dans le temps.

La race est un rang taxinomique informel qui repose généralement sur des critères subjectifs et pratiques (bonjour le marketing).

Plusieurs races peuvent être originaires de différentes régions, mais aussi vivre dans un même endroit. Quand il élève des animaux (bovins, chevaux, chats, chèvres, etc.), l'Homme peut choisir lesquels il va faire se reproduire entre eux. À force, ces animaux finissent par devenir assez différents de ce qu'étaient leurs ancêtres et de nouvelles races apparaissent.

Par exemple, il existe un très grand nombre de races de chiens, qui ont été sélectionnées par l'Homme : berger allemand, caniche, etc.

Et l’Homme dans tout ça ?

Les Hommes sont des animaux. Certains sont grands, d’autres sont petits. Certains ont la peau claire, d’autres ont la peau foncée. Certains ont des yeux ronds, d’autres ont des yeux bridés.

Pourtant, l'être humain reste un animal particulier : c'est un des rares qui se soient répandus dans le monde entier.

Au cours de leurs déplacements, les groupes humains se croisent et se fréquentent, générant un « métissage génétique » permanent.

Nous sommes tous détenteurs d'un patrimoine d'environ 3 milliards de gènes qui se sont combinés de manière différente à chaque génération. Il ne peut donc pas exister de races chez l'être humain, car nous sommes tous issus de croisements.

Imaginez deux groupes d’Homo Sapiens, l’un comportant des individus à la peau claire, et l’autre la peau foncée. Il y aurait non seulement des différences génétiques entre les deux équipes, mais aussi entre les personnes d’un même groupe. Pour n’en citer qu’une : le groupe sanguin.

Une exception existe : les vrais jumeaux. Ils ont exactement le même patrimoine génétique.

Pour évoquer des peuples avec des langes ou des coutumes différentes, on parle plutôt d’ethnies.

Conclusion : f*ck le racisme.


Sélection naturelle

Toutes les espèces évoluent au fil des mutations génétiques qui se produisent au hasard. Certaines favorisent la survie dans un environnement donné. Un individu avec une mutation favorable pourra plus facilement se reproduire et passer ses gènes. C’est la sélection naturelle.

Par exemple, si Jacob a la peau plus foncée que moi, c’est parce que le soleil ne tape pas de la même manière en Tanzanie qu’en France.

D'un point de vue biologique, la peau blanche est une adaptation génétique issue de la sélection naturelle favorisant la synthèse de la vitamine D en milieu faiblement ensoleillé. Cela permet une pénétration plus profonde des rayons de soleil dans l'épiderme du fait d'un taux de mélanine plus bas.

À l'inverse, une peau plus foncée protège mieux contre les lésions cellulaires dues à un rayonnement solaire intense. Les gènes s’expriment ainsi différemment en fonction de notre environnement, mais pas que !

Les Inuits ont la peau foncée alors qu'ils vivent dans un environnement pauvre en luminosité.

Où est le bug ?

Tout d’abord, le paysage très blanc réfléchit la lumière. C’est pour cela que vous prenez des coups de soleil sur le pif au ski.

Ensuite, ils compensent le manque de vitamine D par une modification de leur régime alimentaire très riche en poisson. C'est ce qui a inspiré nos grands-mères à s’envoyer de l'huile de foie de morue en hiver.

Sur une durée suffisamment longue, les conditions environnementales vont ainsi sélectionner naturellement les individus les mieux adaptés à la survie.

Un autre exemple marquant est celui de la digestion du lait.


Genre Homo

Mon grand-père était ingénieur des eaux et forêts. Un jour, il m’a raconté cette blague :

Ulysse, est-ce que tu savais que l’Homme descend de l’arbre ?

Et oui, car l’Homme descend du singe, et le singe descend de l’arbre !

À l’école, nous avons plutôt appris que l’Homme a évolué selon la chronologie :

  • Australopithèque → Homo habilis → Homo erectus → Homo neanderthalensis → Homo sapiens

Imaginer notre histoire de façon aussi linéaire est un biais cognitif.

En réalité, l’évolution humaine ressemble plutôt à cela :

Si les australopithèques font partie de la même sous-tribu des Homoninas, ils sont d’un genre différent : Australopithecus.

À l’intérieur de ce genre, on y retrouve différentes espèces comme les Australopithecus afarensis et leur super star : Lucy.

Si Lucy avait un ancêtre commun avec les Hommes, elle ne faisait pas partie du genre Homo.

Dans la chronologie ci-dessus, on retrouve également un autre genre regroupant trois espèces : Paranthropus.

En zoomant au début du Pléistocène, on remarque que des espèces d’Australopithecus, de Paranthropus et d’Homo ont coexisté.

Pour les preuves, je vous renvoie vers cette liste de fossiles d’hominidés.

Avançons un petit peu dans le temps pour arriver à la période du Paléolithique moyen, il y a environ 350 000 ans. Différentes espèces d’Hommes s’y seraient croisées.

On pouvait y retrouver les Homos :

  • En Afrique : sapiens, rhodesiensis, naledi

  • En Europe : neanderthalensis

  • Au Moyen-Orient : neanderthalensis

  • En Asie : denisovensis, erectus, floresiensis

Au total, ce n’est pas moins de 16 espèces différentes qui ont été découvertes :

Pour n’en décrire qu’une, l’Homo floresiensis, aussi appelé l’Homme de Florès, est une espèce dont des fossiles ont été découverts en 2003 dans la grotte de Liang Bua, sur l'île indonésienne de Florès.

On remarque qu’ils étaient de petite taille (pas plus d’1m10). C’est peut-être dû à un nanisme insulaire, à l'instar d'autres populations animales de l'île.


Conclusion

Il n’est pas évident de répondre à la question du nombre d’espèces d’Hommes.

Rien que la notion d'espèce (et sa définition) reste critiquée dans le monde scientifique. Il est en effet difficile de monter que deux individus ne pouvaient pas se reproduire en observant des fossiles d’époques différentes.

Certains spécialistes pensent que des Néandertaliens ont eu des relations avec nos semblables. Ils les considèrent comme une sous-espèce de l’Homme, parlant d’Homo sapiens neanderthalensis, et nous attribuant celle d’Homo sapiens sapiens.

Sans se mouiller, on peut considérer qu’au moins une dizaine d’espèces d’Hommes ont existé. Ce qui est certain, c’est que l’histoire de l’humanité renferme encore bien des mystères.

Aujourd’hui, toutes les autres espèces du genre Homo ont disparu. La question du pourquoi mériterait de s’y attarder.

Il est possible qu’une nouvelle sous-espèce émerge bientôt. Celle-ci pourrait être la continuité d’une évolution qui cette fois ne serait plus biologique, mais technologique.

Lorsque l’on observe comment les Hommes se comportent entre eux face à de si petites différences, et lorsque l’on regarde dans le passé comment Homo sapiens a dominé toutes les autres espèces, on peut s’inquiéter du transhumanisme.

À très vite, pour de nouvelles curiosités,

Ulysse

Bonus : L’Histoire de l’humanité en vidéo + son futur, selon Yuval Noah Harari.


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