Curiosité #3 : À quoi ressemble la plus grande guerre du monde ?

Des millions de victimes quotidiennes oubliées...

Hola,

Ici Ulysse, en plein road trip au Costa Rica. 🇨🇷

Dans chaque Curiosité, nous explorons une nouvelle idée entre deux challenges.

Si vous avez loupé les deux premières :


Nous, les humains, pensons avoir remporté le game de la domination de la Terre.

Nous, l’espèce ultime, sommes capables des plus belles choses, comme des plus grandes atrocités.

Est-ce vraiment le cas ?

L’Homo Sapiens a la fâcheuse tendance de se surestimer.

Comme je le dis souvent : nous voyons le monde tel que nous sommes, et non pas tel qu’il est.

En écrivant ces lignes, j’apprécie particulièrement ce moment de l’introduction.

Pourquoi ?

Car j’ai donné un coup de pied dans la fourmilière, initiant (peut-être) chez vous une réflexion, et pourtant, vous ne savez toujours pas de quel sujet nous allons parler.

En ouvrant cet article, vous pensiez peut-être embarquer pour un cours d’histoire racontant une énième guerre oubliée entre bipèdes.

Raté.

La société humaine n’est pas la plus large peuplant notre planète.

Un compétiteur, et non des moindres, peut prétendre au titre de big boss de la Terre.

Si l’on se réfère à la biomasse, à savoir la masse totale de la vie sur notre planète, il faudrait sérieusement considérer les plantes.

Nous, les humains, ne représentons que 0,011% du total.

Gardons les plantes pour une prochaine curiosité.

Zoomons plutôt sur la partie violette du schéma : les animaux.

Aujourd’hui, nous n’allons pas nous mouiller. Restons sur la terre ferme. Les arthropodes sont ceux qui pèsent dans le game.

La famille qui m’intéresse représente 20% de la masse animale terrestre.

Vieille de près de 150 millions d’années, elle a déjà survécu à l’extinction massive Crétacé-Paléogène, qui a balayé les dinosaures il y a 66 millions d’années.

On compterait pas moins de 16 000 espèces et tout autant à découvrir, pour un total estimé de 1 million de milliards à 10 millions de milliards d’individus.

Ces animaux ont des relations complexes, font de l’élevage et pratiquent l’agriculture. Certaines espèces s’adonnent même à l’esclavage.

Comme pour les humains, le succès de leur domination est dû à leur incroyable collaboration. Leur société est divisée en castes, avec des métiers spécifiques, permettant l’émergence de colonies complexes.

Vous l’avez peut-être deviné, nous allons parler des fourmis.

Dans l’ombre, c’est une véritable guerre mondiale sans fin qui a lieu.


Les légionnaires

Dans le challenge n°26, je me suis fait piquer par une fourmi balle de fusil. Elles sont célèbres pour leur taille (jusqu’à 3 cm) et leur piqûre, la plus douloureuse du monde.

Malgré leurs atouts, leurs nids ne dépassent pas quelques dizaines à quelques centaines d’individus. C’est très peu dans le royaume des fourmis.

Le véritable pouvoir de la coopération apparaît lorsque les échelles augmentent. La vraie force des fourmis réside dans leur nombre.

Certaines espèces établissent des colonies rivalisant avec nos mégalopoles.

La place étant limitée, des conflits de territoire émergent. Escarmouches, raids et invasions se produisent chaque jour, causant des millions de victimes.

Une espèce de fourmi est particulièrement adaptée au combat : les Légionnaires (Army Ants).

Je laisse la main à Kurzgesagt, qui, pour chaque partie, vous expliquera bien mieux que moi comment les fourmis font la guerre.

Attaque, contre-attaque, stratégies, bunkers, plan d’urgence… c’est fascinant, et presque effrayant :

Astuce : Pour les xénoglossophobes, il y a des sous-titres en français.

Fun fact : les fourmis légionnaires sont nomades. Certaines espèces forment même des ponts et des radeaux vivants pour franchir des cours d'eau (source).


Les tisserandes

Certaines espèces bâtissent des royaumes entiers dans les canopées.

Les Tisserandes (Weaver Ants) sont de féroces guerrières, toujours prêtes à se battre pour étendre ou défendre leur territoire.

Ces architectes construisent des avants postes et des réserves autour du QG pour intervenir plus rapidement sur le front.

Entre projectiles et corps à corps, tous les moyens sont bons pour vaincre l’ennemi :


Les mégacolonies

La guerre fait rage aux quatre coins de la planète. Qui domine ?

L’un des plus grands empires revient à la fourmi d’Argentine, qui revendique des mégacolonies de millions, voire de milliards d’individus sur six continents.

Tout comme les humains, leur succès a changé les écosystèmes qu'elles ont envahis.

À l’instar d’un Napoléon ou d’un Alexandre le Grand, les ambitions expansionnistes de ces fourmis font monter les tensions entre les empires.

Des guerres civiles éclatent au sein d’une même espèce. D’autres viennent les challenger comme les fourmis rouges de feu qui forment également des mégacolonies.

Des fronts de plusieurs kilomètres se créent avec des combats incessants :


Fiction ou réalité ?

J’éprouve une certaine fascination pour ces animaux depuis que j’ai revu Hunter x Hunter (dispo sur Netflix). C’est un manga qui suit les aventures de Gon, un jeune homme candide qui cherche à devenir le plus grand des hunters.

Sur l'une des îles de ce monde, débarque une fourmi-chimère.

Tout comme nos fourmis, les reines pondent des œufs qui deviennent sujets de cette dernière.

Ces fourmis-chimères ont cependant la particularité d'avoir une taille humaine. De plus, elles peuvent donner à leur progéniture certaines caractéristiques génétiques de leurs anciennes proies.

Ainsi, si la reine venait à manger un crabe, l'un de ses enfants récupérera les gènes de ce crabe. Une fourmi avec des pinces… why not ?

Très rapidement, ces chimères assimilent les capacités cognitives des humains. Pouvant se reproduire très rapidement, elles évoluent vite, de mutation en mutation.

Il en résultera une espèce beaucoup plus forte que les humains “normaux”. Les hunters auront alors pour mission de rétablir l’équilibre.

Je trouve ce scénario brillant.

N’oublions pas qu’à l’échelle de la planète, la domination de l’Homo Sapiens est très récente. Notre espèce a tout juste 300 000 ans, et son expansion est encore plus récente.

Alors que le cinéma redoute une invasion extraterrestre, le statu quo pourrait très bien se retrouver questionné d’une façon surprenante.

(Mini parenthèse : pour les connaisseurs, je crois que Meruem est mon antagoniste préféré - sa relation avec Komugi est la raison qui élève Hunter x Hunter au rang de masterpiece)


Cette curiosité envers les fourmis s’est encore plus développée lorsque, quand j’étais à Puerto Viejo, j’ai rencontré une colonie de fourmis coupe-feuille en plein travail.

Elles étaient en train de dépouiller un arbre, ramenant les feuilles sur une colonne de plus d’une dizaine de mètres vers leur nid.

Voilà quelques photos (imaginez que chaque feuille bouge) :

Puis, il y a eu la rencontre avec la Paraponera Clavata. Bref, ces derniers temps, j’étais à fond.

Je crois qu’il est temps de refermer cette page dédiée aux fourmis.

Si vous avez apprécié cette troisième curiosité, un petit 🧡 fait toujours plaisir !

À très vite, pour un nouveau challenge,

Ulysse


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