Curiosité #2 : Vivons-nous dans une réalité simulée ?

En 5 hypothèses 🤖

Hola,

Ici Ulysse, en direct de Puerto Viejo, Costa Rica. 🇨🇷

Dans cette deuxième curiosité, nous allons questionner la nature même de la réalité.

À l’aube du transhumanisme et de l’intelligence artificielle, l’Homme se voit déjà remplacer les dieux.

Dans le futur, nous pourrions peut-être simuler des réalités. Si tel est le cas, comment pouvons-nous affirmer que nous ne sommes pas déjà dans une simulation ?

Et si nous n’étions pas les créateurs, mais les créations ?

Cette idée de réalité simulée a été originalement proposée par Nick Bostrom en 2001 puis publiée en 2003 dans l’article “Are you living in a computer simulation?”.

On en entend de plus en plus parler, notamment depuis qu’Elon Musk a commencé à la défendre. Mon moment podcast préféré est d’ailleurs la clôture d’un épisode sur l’intelligence artificielle, lorsque Lex Fridman lui pose la question suivante :

Quand un système d’intelligence artificielle forte sera créé, et si vous avez l’opportunité de lui poser une seule question, quelle serait cette question ?

Elon réfléchit 13 secondes, avant de répondre :

Qu’est-ce qu’il y a en dehors de la simulation ?

Que vaut cet argument de réalité simulée ? Pourquoi tonton Elon pense qu’il a une chance sur un milliard d’être en chair et en os ?

En s’appuyant (entre autres) sur le travail de vulgarisation de Kurzgesagt, c’est ce que nous allons essayer de décrypter dans cette curiosité.

Disclaimer : Évidemment, chaque argument est discutable. Il s’agit ici d’une expérience de pensée. Que vous soyez croyants, agnostiques ou athées, s’ouvrir à de nouvelles idées est un signe de sagesse.


Tout d’abord, l’idée d’une simulation ne demande pas nécessairement que tous les atomes de l’univers soient générés.

Il suffit de simuler suffisamment d’éléments pour faire croire que la réalité est bien réelle.

Pour ce faire, il pourrait être malin de générer chaque composant au fur et à mesure qu’ils deviennent visibles. L’intérieur de votre chaise se matérialiserait alors lorsqu’on la couperait en deux. Le très petit n’apparaîtrait pas avant d’être regardé.

Pour mieux comprendre, pensez à un jeu vidéo. Il n’est pas la peine d’afficher l’intérieur des décors, à moins qu’une scène ne l’exige.

Alors, sommes-nous dans un jeu vidéo ?

Pour que l’idée que nous soyons simulés fonctionne, il faut que 5 hypothèses se vérifient.


Hypothèse 1/5 : Il est possible de simuler la conscience

À la date où j’écris ces lignes, personne ne sait vraiment ce qu’est la conscience.

Imaginons que simuler la conscience, revienne à simuler le cerveau.

Comptons 1 opération pour chaque interaction entre les synapses. Votre cerveau opère ~10^17 opérations par seconde.

Considérons généreusement qu’il faille calculer 10^20 opérations pour simuler une seconde de conscience humaine.

Pour pouvoir se déplacer sur la timeline, nous aimerions simuler toute l’histoire de l’humanité en une fois, soit ~200 milliards d’humains, avec une durée de vie moyenne de 50 ans.

Une année contient ~30 millions de secondes.

Il faudrait donc simuler 30 millions x 50 x 200 milliards x 10^20, soit 3*10^40 opérations par seconde.

Que représente ce nombre ?

30 milles milliards de milliards de milliards de milliards d’opérations par seconde !

C’est beaucoup. Ce bien plus que le nombre d’étoiles présentes dans l’univers observable. Est-ce qu’un ordinateur capable d’une telle prouesse pourrait exister dans le futur ?


Hypothèse 2/5 : Le progrès technologique ne cessera pas de sitôt

Si la technologie continue de progresser au rythme actuel sans connaître de plafond de verre, il se pourrait que d’ici quelques millénaires, des civilisations très avancées se dotent d’une puissance informatique quasi infinie.

Comment ? En domptant de nouvelles sources d’énergie comme le solaire.

Attention, on ne parle pas ici d’un petit panneau solaire posé dans le désert du Sahara, mais plutôt d’une mégastructure comme une sphère de Dyson.

Étudier le principe d’une structure s’appuyant sur cette technologie comme le cerveau matrioshka serait un bon sujet pour une future curiosité, non ?

Un ordinateur de la sorte pourrait simuler des milliers voire des millions d’humanités en même temps.

D’autres technologies comme des ordinateurs quantiques nextgen pourraient réduire drastiquement la taille nécessaire, afin de réaliser les simulations sur notre bonne vieille Terre.

Encore faudrait-il qu’il y reste quelqu’un pour appuyer sur le bouton.


Hypothèse 3/5 : L’humanité ne va pas s’autodétruire

Le paradoxe de Fermi laisse entendre qu’il est statistiquement concevable que des millions de civilisations plus avancées que la nôtre peuplent l’univers. Pourtant, nous ne les avons pas encore trouvées.

De nombreuses explications pourraient expliquer ce paradoxe (et on pourrait également les aborder dans une prochaine curiosité).

L’une d’entre elles suggère que chaque civilisation doit surmonter une suite de barrières pour perdurer. Guerre nucléaire, astéroïde, changement brutal climatique, ou générateur de trou noir, c’est ce que l’on appelle : le grand filtre.

Il faut dire que la faculté de l’Homme à s’autodétruire est assez spectaculaire.

Prenons le parti d’une vie particulièrement tenace.


Hypothèse 4/5 : Les civilisations super avancées voudront réaliser des simulations

Je répète souvent cette phrase : nous ne voyons pas le monde tel qu’il est, nous le voyons tel que nous sommes.

Nous n’avons aucune idée de ce à quoi pourrait ressembler une telle civilisation.

Une image de mi-Homme mi-robot pourrait être complètement à côté de la plaque. Il se pourrait par exemple que les Hommes se séparent de leur enveloppe charnelle pour fusionner en une super conscience. Et pourquoi pas après tout ?

On ne sait juste pas.

Que pense une fourmi en nous voyant ?

Comparés à ces “super Hommes”, nous sommes des fourmis.

Il serait bien arrogant de notre part de clamer savoir ce que des êtres qui nous apparaîtraient comme des dieux pourraient vouloir.

Simuler des réalités, que ce soit pour la science ou pour le fun, pourrait leur paraître complètement absurde.

Si, pour une quelconque raison, des simulations sont réalisées, et que les trois premières hypothèses sont justes, alors…


Hypothèse 5/5 : S’il existe de nombreuses simulations, alors nous faisons probablement partie de l’une d’entre elles

Pensez aux premiers ordinateurs. En 1945, l’ENIAC faisait près de 30 tonnes.

Aujourd’hui, des millions d’ordinateurs se baladent dans nos sacs à dos.

S’il existe des civilisations simulées, alors il est probable qu’il y en ait beaucoup. Après tout, l’hypothèse 2 nous donne accès à une puissance de calcul quasi infinie.

Des millions ? Des milliards ?

S’il existe des milliards de réalités simulées, alors il y a probablement des milliards de milliards d’êtres conscients simulés.

Pour un Elon de chair, il y aurait des milliards d’êtres faits de 1 et de 0.

Les chances d’être dans la réalité originale (qui simulera toutes les autres) seraient alors très faibles.

Nous serions donc, très probablement, simulés.


Conclusion

Ce raisonnement (qui ne fait d’ailleurs pas l’unanimité) est basé sur de nombreuses suppositions. Elles nous sont difficiles à tester pour le moment.

Nick Bostrom évalue subjectivement à ~20% la probabilité que les hypothèses se vérifient.

Que nous soyons simulés ou non, la vie continue. Qu’elles soient codées ou réelles, nous ressentons les émotions. Nous tombons amoureux, et rien que pour cela, la vie vaut la peine d’être vécue.

Personnellement, je trouve intéressante la comparaison de la théorie de la réalité simulée avec d’autres religions.

Étant agnostique, je ne préfère pas prendre position.

Bien que je trouve cette théorie fascinante, je ne sais pas. Je lui donne cependant plus de crédit que l’idée d’un monde créé en 7 jours. À moins que ce soit le temps nécessaire pour charger la simulation…


J’espère avoir réussi à vous embarquer dans cette expérience de pensée.

Je vous propose de venir échanger vos points de vue dans les commentaires.

Pour aller plus loin, Nick Bostrom est également passé dans le podcast de Lex Fridman.

À très vite, pour un nouveau challenge,

Ulysse


Le saviez-vous ?

J’ai lancé un atelier d’introspection en 40 jours pour apprendre à se connaître.

En le parcourant, vous apprendrez à évaluer votre situation, à faire de meilleurs choix, et à reconnecter avec vos rêves.

Chaque jour, vous découvrirez des ressources à explorer, des citations à méditer, et surtout, des questions à vous poser.

Découvrir l'atelier d'introspection


Quelqu'un vous a envoyé cet article ? Cette personne vous estime ! Abonnez-vous pour recevoir les prochaines éditions.