Challenge #38 : Plonger à -30 m en apnée

Un voyage dans les profondeurs à la découverte de soi

Merhaba,

Ici Ulysse, en direct des championnats du monde de freediving à Kaş (Turquie).

Il y a un an, lors du Challenge #7 : Tenir 3 min en apnée, je découvrais un univers qui m’était jusqu’alors inconnu.

J’ai alors réalisé le décalage entre nos croyances et ce que nous pouvons réellement accomplir. Il m’aura fallu une heure pour passer d’1 à 3 min en apnée statique.

Depuis lors, j’ai cherché une opportunité de m’initier à l’une des disciplines les plus folles qui existe sur cette Terre : la plongée en apnée.

Si je relève 100 challenges à travers le monde, c’est pour dépasser mes barrières mentales. Le freediving, c’est le sport ultime pour apprendre à se connaître, et repousser ses limites.

Entre deux souffles, ce voyage vers les profondeurs nous met face à nous-mêmes.

Une fois au fond, on ne peut pas jeter l’éponge. Quoi qu’il arrive, il faut remonter. L’abandon n’est pas une option.

J’ai documenté cette aventure, de la surface jusqu’à -30 m. Prenez une grande inspiration. C’est parti :

Au total, j’ai franchi la barre des -30 m sept fois, avec un record à -33 m.

Dans cette édition, je vais vous partager un résumé de mes notes prises pendant mon apprentissage (niveaux 1 & 2 SSI).

Nous couvrirons 8 parties :

  1. Le matériel

  2. L’envie de respirer

  3. Comprendre la pression

  4. Équilibrer la pression

  5. Les respirations des apnéistes

  6. Les risques

  7. Les techniques

  8. La visualisation

Vous découvrirez (entre autres) :

  • Pourquoi le volume des poumons est divisé par quatre à -30 m sous l’eau

  • Comment le corps s’adapte à l’augmentation de la pression

  • Comment un apnéiste équilibre cette pression

  • Pourquoi est-ce que l’on parle de rendez-vous syncopal

Vous mettrez des images concrètes sur ces principes physiques :

  • Poussée d’Archimède

  • Loi de Boyle-Mariotte

  • Loi de Dalton

  • Effet Bohr

Je vous invite à naviguer à travers l’article en vous arrêtant sur les concepts qui vous intriguent.


⚠️ IMPORTANT : J’ai réalisé ce challenge dans un environnement contrôlé, sous la supervision d’un instructeur expérimenté. Ce sport comporte de nombreux risques qui ne sont pas à prendre à la légère. Plonger en apnée nécessite du matériel, des connaissances, des compétences, et de l’expérience. Ne pratiquez JAMAIS seul(e).


Le matériel

Le masque

Les apnéistes utilisent des masques à faible volume (avec deux verres) pour réduire la quantité d’air à équilibrer lors de la descente.

Le tuba

Le tuba doit être enlevé de la bouche lors des plongées en apnée pour minimiser le risque d'inhaler de l'eau et conserver les voies respiratoires libres en cas d'accident lors de la plongée.

Les palmes

On en trouve de différentes voilures et différents matériaux.

En apnée, on préfère les palmes chaussantes à voilure longue car elles maximisent la propulsion en minimisant l’effort.

On peut y ajouter des chaussettes en Néoprène pour plus de confort.

On distingue 2 types de palmes, qui représentent différentes disciplines lors des compétitions officielles :

  1. Bi-palmes
    → Pour nager comme un ornithorynque.

  2. Mono-palme
    → Pour nager comme un dauphin.

La combinaison

L’eau absorbe la chaleur du corps vingt-cinq fois plus vite que l’air. Sans combinaison, on attrape vite froid !

Il en existe plusieurs types. Dans mon cas, j’ai utilisé une combinaison en Néoprène. Le premier jour, j’en ai pris une trop fine, et j’ai rapidement grelotté.

C’est compliqué à enfiler, alors on utilise du lubrifiant (un shampoing ou savon doux biodégradable).

Le lestage

Lorsque l’on entre dans l’eau, on subit une force verticale (de bas en haut) égale au poids du volume de fluide déplacé (ici l’eau).

Cette force est appelée poussée d'Archimède.

Lorsqu’un objet est lâché dans l’eau, trois cas sont possibles :

  1. Son poids est plus faible que le poids du volume d’eau déplacé
    → L’objet remonte à la surface.

  2. Son poids est le même que le poids du volume d’eau déplacé
    → L’objet reste en suspension.

  3. Son poids est plus grand que le poids du volume d’eau déplacé
    → L’objet coule.

Si les combinaisons résolvent le problème du froid, elles en créent un autre. Les mousses dont elles sont faites flottent et affectent la flottabilité naturelle de l’apnéiste.

Pour compenser, on utilise des poids attachés à une ceinture et/ou à un tour de cou.

Le lestage doit assurer une flottabilité́ positive en surface (pour se relaxer au départ et au retour), une flottabilité neutre vers 1/3 de la profondeur visée, et une flottabilité négative au-delà (pour entrer en “free-fall”).

Pour comprendre pourquoi la flottabilité diminue avec la profondeur, rendez-vous dans la partie sur la pression !

La montre

À -15 m, ma montre sonne pour m’indiquer que ma flottabilité devient négative. Je peux alors envoyer deux ou trois derniers kicks pour gagner de l’inertie, puis arrêter de palmer et commencer la phase de free-fall. J’économise ainsi de l’oxygène, et me laisse entraîner par la gravité vers le fond.

La montre devient indispensable lorsque l’on avance dans les niveaux. Elle permet d’analyser chaque plongée (profondeur, durée, etc.).

Ce qui ne se mesure pas ne peut pas s’améliorer.


L’envie de respirer

O2 et CO2

Le temps que l’on peut tenir en apnée dépend de l’activité physique, du système respiratoire et de l’efficacité des mouvements en plongée.

Ces facteurs jouent sur la vitesse à laquelle l’oxygène (O2) est consommé et le dioxyde de carbone (CO2) est relâché.

Une plus grande combustion d’O2 aboutit à une plus grande production de CO2.

Cela peut paraître contre-intuitif, mais c’est la concentration élevée de CO2 qui déclenche le besoin de respirer, et non les bas niveaux d’oxygène.

Durant une apnée, l’expulsion du CO2 est momentanément suspendue, ce qui aboutit à une accumulation dans les cellules, le sang et les poumons.

Cet excès de CO2 va irriter le centre respiratoire dans le cerveau qui va commander d’expirer pour s’en débarrasser.

C’est le réflexe respiratoire, qui se manifeste dans l’ordre par :

  1. Une sensation de chaleur dans la poitrine

  2. Un besoin de déglutir

  3. Des contractions du diaphragme

En apnée statique, on s’échauffe en allant d’abord jusqu’à la déglutition, puis jusqu’aux premières contractions. Cela permet de déclencher le réflexe d’immersion pour les apnées suivantes.

Réflexe d’immersion

Le réflexe d’immersion permet à tous les mammifères d’effectuer des apnées prolongées. Il est présent chez les mammifères marins comme les otaries, les dauphins et les baleines, et dans une moindre mesure chez nous les Hommes.

Il s’active par le contact entre l’eau froide et le visage, ou par une augmentation du niveau de CO2 dans l’organisme.

Il se caractérise par quatre changements dans le corps, qui aident à économiser l’oxygène et prolonger les temps d’apnée :

  1. Bradycardie

  2. Vasoconstriction périphérique

  3. Blood-Shift

  4. Activation de la rate

Bradycardie

Chez l’Homme, au contact du visage avec l’eau froide, le pouls va ralentir (entre 10 et 50%). Ce ralentissement cardiaque diminue le besoin en oxygène.

Vasoconstriction périphérique

Les capillaires à l’extrémité des membres se contractent, pour bloquer la circulation du sang. Les pieds et les mains sont d’abord affectés, puis les jambes et les bras.

Ainsi, plus de sang est mis à disposition pour les organes vitaux : le cœur (principalement), les poumons et le cerveau.

Blood-Shift

Le “blood-shift” est un transfert sanguin qui se produit lorsque la pression en profondeur comprime la cage thoracique et réduit le volume pulmonaire.

Le sang se déplace alors vers la cage thoracique. Les vaisseaux sanguins de cette partie du corps enflent alors pour lutter contre la réduction d’espace sous l’effet de la compression.

Cela protège les poumons des barotraumatismes.

La rate

La rate se contracte et relâche davantage de globules rouges dans le flux sanguin pour les mettre à disposition du corps.

Le freediving montre à merveille à quel point le corps s’adapte pour survivre.


Comprendre la pression

La force

La pression est une force appliquée sur une surface. Par exemple, chaque cm2 de notre peau supporte environ 1 kg représentant le poids de l'atmosphère (au niveau de la mer).

Nous ne la ressentons pas car notre corps est incompressible et ses cavités (estomac, poumons, sinus, etc.) contiennent de l'air à la même pression.

Si on s'élève de 5 000 m, la pression atmosphérique est deux fois plus faible qu'au niveau de la mer car la masse d'air au-dessus de notre tête est alors moitié moindre.

L’eau est plus dense que l’air (environ 800 fois plus). En s’éloignant de la surface, le poids de l’eau au-dessus de nous augmente, et la pression grimpe.

À -10 m de profondeur, chaque cm2 de notre peau supportera, en plus de la pression atmosphérique, le poids d'un litre d'eau (1 L d’eau = 1 kg).

La pression est donc de 1+1 kg / cm2, c'est-à-dire de 2 bar.

Sous l’eau, la pression augmente au rythme de 1 bar tous les 10 m.

À -20 m elle sera de 3 bar et à -30 m de 4 bar.

La loi de Boyle-Mariotte

À température constante, le volume d’un gaz décroît au même rythme que la pression augmente.

Lorsque l’on plonge, au fur et à mesure que la pression d'eau augmente, le volume d'air contenu dans les cavités aériennes diminue. Lorsque l’on remonte, la pression diminue et le volume augmente.

Notre corps est conçu pour vivre à 1 bar.

À 2 bar (-10 m), le volume des poumons est déjà divisé par deux !

Lors de mes plongées à -30 m, le volume de mes poumons était quatre fois plus petit !

C’est cet effet physique qui fait varier la flottabilité d’un plongeur en fonction de la profondeur.

En surface, les poumons ne sont pas comprimés. Ils prennent plus de place, et déplacent un volume d’eau plus conséquent, ce qui nous fait flotter (poussée d’archimède).

Lorsque l’on plonge, le volume des poumons va rapidement diminuer. Le lest est calculé pour que notre flottabilité arrive à un état neutre puis négatif afin de glisser (et ainsi économiser de l’oxygène pendant le free-fall). Le blood-shift viendra ensuite compenser la réduction du volume des poumons pour les protéger.


Équilibrer la pression

Lors de la descente, l'air contenu dans l'oreille moyenne d'un plongeur est en dépression par rapport au milieu ambiant, ce qui crée une déformation du tympan.

Le plongeur doit alors volontairement insuffler de l'air dans son oreille moyenne via les trompes d'Eustache, afin d'équilibrer les pressions et ainsi éviter toute déchirure ou douleur.

En remontant à la surface, la pression dans les trompes se rééquilibre naturellement car une partie de l’air redescend. C’est pour cela qu’il ne faut pas tenter de manœuvre de rééquilibrage lors de la remontée (surpression).

La manœuvre de Valsalva

On pince gentiment ses narines l’une contre l’autre, puis on souffle doucement par le nez tout en gardant les joues serrées. On entend alors un “pop” dans les oreilles. C’est la trompe d’Eustache qui se dégage.

La manœuvre de Toynbee

Cette dernière méthode est moins employée en apnée. Elle consiste, nez pincé et mâchoire fermée, à effectuer un mouvement de déglutition.

La manœuvre de Frenzel

Elle est la préférée des apnéistes. On plaque la langue en haut et à l'arrière du palais. Il faut, nez pincé et glotte fermée, placer la langue sur le palais en prononçant le son "KE" ou “TE” ou “H”.

Pour être honnête, je n’ai jamais compris quelle version de la manœuvre de Frenzel je faisais sous l’eau…

Équilibrer le masque

Vous vous souvenez de la loi de Bolye-Mariotte ? Il se trouve qu’il y a de l’air dans le masque. En descendant, la pression augmente et le volume d’air dans le masque diminue avec un effet de ventouse sur le visage.

Un afflux de sang arrive alors dans vos yeux et les tissus environnants. La différence de pression entre la circulation sanguine et l'air dans votre masque peut ainsi faire rompre les capillaires sanguins autour de vos yeux.

Lors de la descente, on peut équilibrer le masque en relâchant les narines brièvement et en expirant un peu d’air par le nez directement dans le masque.

C’est la raison pour laquelle, en freediving, on utilise des masques à faible volume. On expire ainsi moins d’air pour l’équilibrer.


Les respirations des apnéistes

Capacité pulmonaire

Nos poumons ont plusieurs modes de fonctionnement selon nos besoins.

Pour les comprendre, je vous propose un petit test. Pour illustrer les résultats, nous prendrons un volume pulmonaire moyen de 6 L.

  1. Expirez tout l’air contenu dans vos poumons
    → Il devrait vous rester environ 1,5 L d’air à l’intérieur
    → C’est le volume résiduel (RV) - en rouge sur l’image

  2. Expirez normalement, puis expirez une deuxième fois en vidant vos poumons
    → Lors de la seconde expiration, vous avez éjecté 1,5 L d’air supplémentaire
    → C’est le volume de réserve expiratoire (ERV) - en violet

  3. Inspirez, puis expirez normalement, sans forcer
    → Au repos, vous respirez l’équivalent d’une pinte d’air (500 mL)
    → C’est le volume courant ou “tidal volume” (VT) - en bleu

  4. Inspirez normalement, puis inspirez une seconde fois au maximum
    → Lors de la seconde inspiration, vous avez ajouté jusqu’à 2,5 L d’air
    → C’est le volume de réserve inspiratoire (IRV) - en vert

On peut combiner ces volumes pour mieux comprendre certaines réactions de nos poumons en profondeur.

Un apnéiste débutant aura un volume résiduel (RV) de 25%. En pratiquant régulièrement des exercices de stretching, ce volume peut être réduit à 20%.

Un apnéiste flexible pourra ainsi prendre de plus grandes inspirations (car les poumons se détendent), et utiliser une plus grande partie de l’air stocké.

La respiration de relaxation

La respiration doit être profonde, relâchée et contrôlée, mais jamais forcé́e.

On respire par le ventre, et la phase d’expiration doit être deux fois plus longue que celle d’inspiration. Trouvez le rythme qui vous convient le mieux.

Les objectifs :

  • Bien s’oxygéner

  • Se relâcher

  • Ralentir le rythme cardiaque

La respiration préparatoire

La dernière ventilation est complète et profonde. Attention à ne pas la répéter plus de deux fois sous peine d’hyperventiler.

On remplit ses poumons en partant du ventre, et on garde l’intégralité de l’air pendant la plongée.

En compétition, les apnéistes emmagasinent plus d’air en faisant la carpe. Cette technique permet de comprimer une plus grande quantité d’air dans les poumons.

La respiration de récupération

Après une apnée, le corps contient moins d’O2 et plus de CO2.

Pour réoxygéner le corps et le cerveau, on prend une inspiration profonde, suivie d'une deuxième après 2-3 secondes d'apnée puis d'une expiration passive.

Lorsque l’on est sur fil, une bonne respiration de récupération peut éviter la perte de connaissance !

L’hyperventilation

Une série de respirations rapides avec des temps d’inspiration et d’expiration égaux (par exemple 2 secondes et 2 secondes), conduit à une hyperventilation. L’objectif étant de purger le corps du CO2.

Cela a de nombreux inconvénients pour les apnéistes :

  • Augmentation considérable du rythme cardiaque
    → Cela nuit à la relaxation et on consomme plus d’oxygène.

  • Vasoconstriction cérébrale
    → Cela perturbe le flux du sang vers le cerveau et peut causer un black-out.

  • Augmentation de la présence d’alcaline dans le pH sanguin
    → L’hémoglobine se lie à trop d’oxygène et les organes qui en ont besoin en sont privés. Ce phénomène est connu comme l’Effet Bohr.

  • Décroissance des niveaux de CO2 dans le sang
    → Cela augmente le temps avant que le besoin de respirer ne se fasse sentir. L’apnéiste peut perdre connaissance durant la remontée à cause d’un niveau d’oxygène trop bas.

Bref, ce n’est pas DU TOUT conseillé !

Symptômes de l’hyperventilation :

  • Vertiges

  • Engourdissement des membres

  • Tremblement des lèvres

  • Troubles de l'audition

  • Perte d'équilibre


Les risques

Puisque l’on est dans les sujets qui fâchent, continuons avec quelques risques supplémentaires.

L’œdème pulmonaire

Il peut survenir lorsque les poumons n’arrivent pas à gérer l’augmentation de la pression.

Symptômes :

  • Difficulté respiratoire

  • Toux

  • Crachats sanguinolents

  • Lésions pulmonaires

Pour l’éviter, il faut travailler sur sa flexibilité, sa relaxation, et progresser lentement sous l’eau, avec des mouvements contrôlés.

La panique est l’ennemi du freediver.

Le rendez-vous syncopal

Aussi appelé “shallow water black-out”, il se produit le plus souvent lors de la remontée, dans la zone entre -10 à -5 m. Cette perte de connaissance peut se produire rapidement, insidieusement et sans signes préalables.

Elle peut être précédée par une perte de contrôle moteur (l’apnéiste perd en coordination).

Pour rester conscient, l’organisme humain a besoin d’un niveau minimum d’oxygène dans l’organisme.

La pression totale d'un mélange gazeux est égale à la somme des pressions partielles.

C’est la loi de Dalton.

Lors de la dernière inspiration, avant de plonger, les poumons se replissent d’air, un mélange constitué d’environ 21% d’O2, et de 79% de N2 (le diazote, un gaz inerte responsable des narcoses dans les plongées profondes).

Avec la profondeur, les pressions partielles de ces gaz vont augmenter. L’O2 va être consommé, et du CO2 va être libéré dans l’organisme.

Lors de la remontée, les pressions partielles (pp) vont diminuer :

  • Si ppO2 < 15%, on entre en hypoxie.

  • Si ppO2 < 10%, c’est la syncope assurée.

On parle de rendez-vous syncopal car elle se produit souvent entre -5 et -15m. C’est à ces profondeurs que la pression change le plus vite. C’est aussi là que la ppO2 est la plus susceptible de passer d’un coup en dessous de la barre des 10% nécessaires pour rester conscient.

Si un apnéiste pousse ses limites en :

  • Etant stressé

  • Utilisant de mauvaises techniques

  • Descendant trop profond

  • Ignorant l'envie de respirer

… alors le risque de black-out ou de perte de contrôle moteur augmente drastiquement.

C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles il ne faut jamais plonger seul en apnée.

Symptômes :

  • Hochements de tête, tremblements, vision tunnel, perte de coordination

  • Lèvres bleues, visage cyanosé

Comment réagir ?

Ne JAMAIS prendre de l’air d’un plongeur bouteille : le gaz respiré va rapidement se dilater pendant la remontée et déchirer les poumons.

Le corps humain a heureusement une réponse adaptée à la syncope sous la forme du laryngospasme. C’est une contraction musculaire qui referme la gorge.

Cela prévient l’entrée d’eau dans les poumons et ouvre une brève fenêtre durant laquelle on peut assister un apnéiste qui perd connaissance sous l’eau.

Pour cela, on suit les 3 R : Remonter - Réagir - Ranimer

Remonter :

  • Enlever le leste au niveau du cou

  • Remonter l’apnéiste à la surface

  • Maintenir les voies aériennes hors de l’eau

  • Enlever plus de leste s’il est difficile à maintenir

Réagir :

  • Retirer le masque et le pince-nez

  • Incliner la tête de l’apnéiste en arrière pour ouvrir les voies aériennes

  • Tapoter doucement la joue pour susciter une réaction

  • Souffler de l'air sur le visage (zone du nerf crânien)

  • Demander à l’apnéiste de respirer en lui parlant clairement : “Respire Ulysse, respire !”

Ranimer :

Si la victime ne respire pas, c’est à nous de décider des soins à mettre en œuvre en fonction de la distance qui nous sépare du rivage ou du bateau.

En premier lieu, on peut effectuer une ventilation artificielle en ouvrant les voies aériennes de la victime et en effectuant deux insufflations rapides.

Si la situation ne s’améliore pas, et qu’il est compliqué de remorquer l’apnéiste, on peut poursuivre les insufflations au rythme d'une toutes les cinq secondes.

Si l’apnéiste revient à lui durant n’importe quelle phase, c’est le moment de fournir un soutien moral, d’expliquer ce qu’il s’est passé, et d’insister pour arrêter la session d’apnée pour la journée.

Réduire les risques

Quelques conseils :

  • Porter un vêtement adapté à la température d’eau

  • Pas d’hyperventilation

  • Respecter ses limites

  • Commencer la remontée alors que l’on est encore à l’aise, et prendre son temps pour atteindre la surface

  • Communiquer avec son binôme et ne jamais pratiquer seul l’apnée

  • Effectuer de bonnes récupérations respiratoires entre deux apnées

La narcose

Pour expérimenter ce phénomène aussi appelé l'ivresse des profondeurs, il faut aller à de grandes profondeurs (à partir de -70 m, cela dépend des plongeurs).

Lors de la descente, la pression partielle de l’azote (ppN2) va augmenter (loi de Dalton). Si ce gaz est inerte, il a des effets narcotiques, ce qui peut troubler le comportement (comme lorsque l’on est ivre). À partir d’une certaine pression, c’est le décollage.

Guillaume Nery, le français qui atteint -125 m de profondeur en a fait un court métrage basé sur ses hallucinations.


Les techniques

Le canard

Pour plonger depuis la surface :

  • Donner un élan vers l’avant avec un léger coup de palme

  • Pointer la tête vers le bas pour diriger la descente (les bras sont tendus dans le sens de la trajectoire recherchée)

  • Plier le corps au niveau des hanches pour aligner le haut du corps avec les bras

  • Relever les jambes verticalement ensemble pour créer une force gravitationnelle qui aide à pousser le corps vers le bas

  • Tracter avec les bras en les ramenant le long du corps, puis commencer à équilibrer en palmant

Immersion libre

En immersion libre, on utilise la corde pour se tracter, à la force des bras, vers les profondeurs, puis, après un demi-tour, remonter à la surface de la même manière.

La position est relâchée. On regarde la corde, droit devant.

Poids constant

Après un basculement en canard, on palme sur la première partie du trajet jusqu’à atteindre une flottabilité négative. Vient ensuite la phase de free-fall. On se laisse alors glisser vers les profondeurs, les bras le long du corps, avec les genoux légèrement pliés.

Une fois au fond, on fait lentement demi-tour, et on commence à palmer (calmement) sur la remontée jusqu’à obtenir une flottabilité positive (et se laisser remonter). À chaque instant, le regard reste droit, en direction de la corde, et le corps est relâché.


La visualisation

Visualiser permet de s’entraîner mentalement.

Pendant ma formation, j’ai eu un livre pour m’accompagner. Voilà comment ils décrivent chaque instant d’une plongée en apnée.

Le début

L’apnéiste se repose, visage dans l’eau, en respirant sur son tuba. Des mouvements lents, détachés et relâchés préparent le corps et l’esprit à l’effet bénéfique du réflexe d’immersion, moment où le cœur commence à ralentir. L’apnéiste commence ses ventilations, jusqu’à retenir la dernière inspiration et retirer le tuba de la bouche tout en équilibrant les trompes d’Eustache. Basculant en canard, tête en bas, l’apnéiste se déplace alors dans la colonne d’eau tout en équilibrant régulièrement les espaces aériens des oreilles et du masque. Le palmage se fluidifie, des hanches jusqu’aux palmes. La plongée en apnée a maintenant commencé.

Le milieu

L’apnéiste devrait être parfaitement lesté pour les conditions et la profondeur de plongée. Cette partie de l’apnée est la chute libre (“free-fall”). Le palmage s’interrompt tandis que le plongeur descend sous l’effet de l’énergie des derniers coups de palmes et de la gravité. Le blood-shift se manifeste, le cœur ralentit et le sang se déplace des membres vers les organes nobles (réflexe d’immersion). Lorsque la profondeur visée est atteinte, le temps de fond commence. À ce stade, le plongeur devrait être détendu et ne faire qu’un avec l’eau.

La fin

Nous avons évolué en profondeur, ressenti les forces de la nature. Le temps passé en apnée a taxé la réserve en oxygène de notre corps. Le CO2 issu de ce processus commence à irriter notre système respiratoire et nous sentons qu’il est temps de remonter pour rafraîchir notre corps et notre esprit. La remontée se passe comme la descente, un palmage délibéré partant des hanches nous propulse vers la surface. Celle-ci atteinte, nous passons en récupération respiratoire, faisons le signe OK et continuons à respirer lentement et profondément en revivant le temps passé sous l’eau. Le binôme commence alors sa plongée sous notre regard. C’est l’image même de l’apnée : une addiction à une activité sûre, excitante, et qui se vit à plusieurs.


Le saviez-vous ?

Si le freediving est le sport ultime pour apprendre à se connaître, il faut des conditions particulières pour le pratiquer.

Heureusement, il existe une autre méthode : l’introspection !

J’ai lancé un atelier composé de 40 exercices pour apprendre à se connaître.

En le parcourant, vous apprendrez à évaluer votre situation, à faire de meilleurs choix, et à reconnecter avec vos rêves.

Chaque jour, vous découvrirez des ressources à explorer, des citations à méditer, et surtout, des questions à vous poser.

Découvrir l'atelier d'introspection


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