Challenge #25 : 1 mois sans alcool

Y para beber ? Agua por favor 💧

Hola,

Ici Ulysse, en direct de Puerto Viejo, Costa Rica. đŸ‡šđŸ‡·

Aujourd’hui, nous allons parler :

  • de pourquoi il est si difficile d’arrĂȘter de boire de l’alcool,

  • de notre rapport aux autres,

  • et de comment remplacer des mauvaises habitudes par des bonnes.

Ce challenge, qui semble simple en apparence, cache des sujets complexes, tabous, qui mĂ©ritent plus d’attention (et d’intelligence).

Cette newsletter ne sera pas un résumé de la vidéo sur YouTube, mais plutÎt un complément. Je vous invite à la regarder en premier.

C’est une vidĂ©o, mais vous pouvez faire comme si c’était un podcast de 11 minutes.

Je vais casser le suspens tout de suite : je continuerai de boire occasionnellement.

En revanche, je le ferai dĂ©sormais en Ă©tant conscient des raisons qui me poussent Ă  le faire. Ce challenge va dans ma dĂ©marche d’apprendre Ă  mieux me connaĂźtre.


Pourquoi est-ce si difficile de ne pas boire d’alcool ?

Avant de vous parler de la puissance des habitudes, je voulais revenir rapidement sur cette question qui me semble trop importante pour ĂȘtre ignorĂ©e.

Dans la vidĂ©o, j’ai identifiĂ© 2 raisons :

  1. Nous sommes plus addicts que nous ne le pensons.

  2. Nous subissons des pressions externes et internes.

Addiction

L’alcool est une drogue, et non des moindres.

Nous sous-estimons l’emprise que l’alcool a sur nous.

Évidemment, vous pouvez penser que vous ĂȘtes plus fort que cela, que vous pouvez arrĂȘter Ă  tout moment, et ĂȘtre dans le dĂ©ni.

Pourtant, si vous buvez rĂ©guliĂšrement de l’alcool, ne plus le faire vous demandera un effort non nĂ©gligeable.

Je ne veux surtout pas passer pour un moralisateur. Comme pour chaque challenge, ma démarche consiste à vous partager mes découvertes.

Dans cette newsletter, nous allons essayer de comprendre le pourquoi du comment afin d’agir en notre ñme et conscience.

When I read about the evils of drinking, I gave up reading.

Henny Youngman


Pourquoi l’alcool est lĂ©gal ?

Dans le Challenge n°14 : RĂ©citer l'alphabet Ă  l'envers en 3 secondes, nous avons vu que c’est l’invention de l’écriture par les SumĂ©riens qui marque le dĂ©but de ce que l’on appelle : l’Histoire.

L’alcool est au moins aussi vieux que l’Histoire.

👉 Boire est culturel.

Nos sociétés se sont construites autour de certaines pratiques, incluant parfois telle ou telle drogue.

En France, nous avons la culture de l’apĂ©ritif, et de la gastronomie. De fait, le climat s’y prĂȘtant, le vin Français s’est particuliĂšrement dĂ©veloppĂ©, entrant ainsi dans les mƓurs.

Quand j’étais au PĂ©rou en janvier 2019, j’ai remarquĂ© en arrivant Ă  l’aĂ©roport de Cuzco que des feuilles de coca Ă©taient distribuĂ©es. En France, ces mĂȘmes feuilles sont interdites. La diffĂ©rence est culturelle.

En me baladant sur le site de drogues-info-service.fr, j’ai obtenu une autre rĂ©ponse qui mĂ©rite Ă©galement d’ĂȘtre citĂ©e.

Plus qu'une question de législation, l'état, pour choisir d'interdire ou non, statue sur des motifs culturels, économiques, politiques, juridiques, sanitaires... Ce sont des choix complexes qui peuvent varier selon les sociétés et il est vrai que de nombreux débats existent quant à la légalisation de certains produits.

Pour ce qui est de la nocivitĂ© des drogues, il n'y a pas de consommation sans risque quel que soit le produit. C'est en partie pour cela qu'on ne parle plus de "drogues douces" ou de "drogues dures" car ces terminologies pourraient ĂȘtre trompeuses et inadaptĂ©es. L'alcool et le tabac par exemple peuvent effectivement entraĂźner le dĂ©veloppement de nombreuses pathologies.

La notion de dĂ©pendance entre, bien sĂ»r, aussi en ligne de compte quant Ă  la dangerositĂ© des produits. Il est possible de dĂ©velopper une dĂ©pendance Ă  l'alcool, au tabac, au cannabis et Ă  de nombreux autres produits. L'apparition d'une dĂ©pendance dĂ©pend de nombreux facteurs : du produit, du contexte de consommation et de l'individu lui-mĂȘme.

Certains gouvernements ont tentĂ© d’aller contre ce principe en interdisant des drogues ancrĂ©es dans les cultures locales.

On peut par exemple citer la pĂ©riode, de 1920 Ă  1933 aux États-Unis, pendant laquelle un amendement Ă  la Constitution des États-Unis interdit la fabrication, le transport, la vente, l'importation et l'exportation de boissons alcoolisĂ©es.

C’est ce que l’on appelle : la prohibition.

Au passage, c’est le cadre dans lequel se dĂ©roule un film que j’aime beaucoup : Lawless.

C’est un sujet complexe que je ne traiterai pas ici. NĂ©anmoins, l’article WikipĂ©dia, dont voici un extrait, vaut le dĂ©tour !

Beaucoup de problĂšmes sociaux furent engendrĂ©s par l'Ăšre de la prohibition. Un marchĂ© noir extrĂȘmement rentable et souvent violent de l'alcool se dĂ©veloppa. Le trafic illicite d'alcool s'Ă©tendit lorsque de puissants gangs rĂ©ussirent Ă  infiltrer et corrompre les agences dont la mission Ă©tait justement de veiller Ă  l'application de la prohibition. Les boissons les plus fortement alcoolisĂ©es gagnĂšrent en popularitĂ© car leur pouvoir enivrant Ă©levĂ© rendait leur contrebande plus rentable. Enfin, faire respecter la prohibition eut un coĂ»t Ă©levĂ© qui, ajoutĂ© Ă  l'absence de revenu provenant des taxes lĂ©gales sur l'alcool (soit environ 500 millions de dollars amĂ©ricains annuellement pour l'ensemble du pays), greva durement les rĂ©serves financiĂšres des États-Unis.


La pression sociale

Je le répÚte : boire est culturel.

En France, ne pas boire de vin, un produit français, peut ĂȘtre perçu comme une trahison envers la culture française.

Nous sommes blindĂ©s d’idĂ©es reçues. L’une d’entre elles, Ă  savoir que si l'on ne boit pas on ne sait pas s'amuser, a la peau dure.

De plus, lorsqu’on est ivre, on se permet des libertĂ©s non autorisĂ©es en temps normal. Les non-buveurs deviennent alors ces tĂ©moins un peu dangereux, soupçonnĂ©s d’avoir un regard moralisateur.

Ces Ă©lĂ©ments s’accumulent pour exercer une pression sociale incitant Ă  la consommation d’alcool.

Il faut ĂȘtre particuliĂšrement courageux pour rĂ©sister Ă  cette pression et s’affirmer contre la majoritĂ©.

Une maniÚre de détourner cette pression sociale est de modifier ses fréquentations. Si vous cÎtoyez des gens qui ne boivent pas ou peu, vous boirez moins.

D’ailleurs, cela fonctionne avec plein d’autres domaines.

Vous voulez faire du sport ? Entourez-vous de gens qui font du sport.
Vous voulez mieux manger ? Entourez-vous de gens qui mangent bien.
Vous voulez gagner beaucoup d’argent ? Entourez-vous de gens trùs ambitieux.


Les biais cognitifs

Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que je fais la guerre aux biais cognitifs.

En France et dans une majoritĂ© de pays, boire est la norme. Aller contre la norme, c’est sortir du lot.

De nombreux effets psychologiques et sociologiques entrent en jeu.

Par exemple, l’effet de groupe verra la pensĂ©e individuelle et collective paralysĂ©e par des mĂ©canismes nocifs de dynamique de groupe. Si tout le monde boit/fume, je vais avoir tendance Ă  boire/fumer pour me conformer et ne pas faire de vague.

D’autres biais viennent renforcer nos croyances. Nous avons beaucoup de mal Ă  remettre en questions nos habitudes et ce que nous considĂ©rons comme Ă©tant normal.

Si je bois, ceux qui ne le font pas ont tort. Cela fonctionne Ă©galement dans l’autre sens.

Vous avez aussi le biais désirabilité sociale qui consiste à vouloir se présenter sous un jour favorable à ses interlocuteurs. Comme boire est la norme, agir par mimétisme est un réflexe pour plaire.

Avant de passer Ă  la suite, laissez-moi vous poser une question :

👉 À qui cherchez-vous à plaire ?

En faisant mon introspection, je me suis rendu compte que j’ai passĂ© des annĂ©es Ă  boire dans l’excĂšs pour impressionner des gens que je n’aimais pas vraiment.

Difficile à admettre, n’est-ce pas ?


Le pouvoir des habitudes

Essentially, you have to go through your life replacing your thoughtless bad habits with good ones, making a commitment to be a happier person. At the end of the day, you are a combination of your habits and the people who you spend the most time with.

Naval Ravikant

Inspiration < Motivation < Habitude < Identité

Extrait de mon atelier d’introspection :

Ce temps passé à travailler sur soi se cumule de maniÚre exponentielle.

En finance, on appelle cela les intĂ©rĂȘts composĂ©s. Les intĂ©rĂȘts de chaque pĂ©riode sont incorporĂ©s au capital pour l'augmenter progressivement et porter intĂ©rĂȘt Ă  leur tour.
Ce principe s’applique à tous les domaines de la vie.

Il est facile de faire du sport (ou manger sainement) une fois. Le faire sur une année est un autre challenge, et les résultats sont d'autant plus impressionnants.

MĂ©ditation, apprentissage, sport, alimentation, argent, amour, amitiĂ©s, etc., c’est Ă  travers ce principe que des Ă©carts Ă©normes se creusent entre ceux qui ne lĂąchent rien, et ceux qui abandonnent vite.

10 min d’abdos par jour auront beaucoup plus d’impact sur votre physique qu’une grosse sĂ©ance de temps en temps (ceci est un teaser pour un prochain challenge).

Cela s’applique à n’importe quel apprentissage comme nous l’avions vu avec les drapeaux et les capitales.

Alors, comment remplacer des mauvaises habitudes par des bonnes ?

Selon Kelly McGonigal, auteure de The Willpower Instinct, Il existe trois types de volonté :

  1. Je ne veux pas : capacité à résister aux tentations.

👉 Quelles habitudes nuisent le plus Ă  ta santĂ©, ton bonheur et ta carriĂšre ?

  1. Je souhaite : qui t’aide à faire ce qui est inconfortable, mais important pour atteindre tes objectifs.

👉 Quelle habitude dois-tu dĂ©velopper et pratiquer chaque jour pour atteindre tes objectifs ?

  1. Je veux : la force qui te permet de te souvenir de tes objectifs Ă  long terme lorsque tu en as le plus besoin.

👉 Quel est l’unique objectif sur lequel tu veux passer beaucoup plus de temps ?

Ensuite, il faut passer Ă  l'action :

👉 Que peux-tu mettre en place dùs demain pour te rapprocher de cet objectif ?

👉 Quel(s) mĂ©canisme(s) pourrais-tu mettre en place pour t’y tenir ?

En résumé, plutÎt que de prendre des bonnes résolutions, je vous propose une méthode simple pour 2021 :

  1. Listez toutes vos mauvaises habitudes.

  2. Choisissez-en une (et une seule).

  3. Réfléchissez à une chose simple que vous pouvez faire CHAQUE JOUR pour la transformer en une bonne habitude.

  4. Tenez-y vous pendant 30 jours.

Si vous passez ce cap, vous réussirez à créer une nouvelle habitude, et cela vous demandera de moins en moins d'effort.

Réitérez ce process chaque mois, et vous pourrez ainsi remplacer 12 mauvaises habitudes par des bonnes chaque année. C'est énorme !


Cette annĂ©e, je vais essayer de construire l’habitude de boire moins. Je l’ai divisĂ©e en deux sous-habitudes :

  1. Tracker ma consommation

  2. Me poser à chaque fois la question suivante : “Est-ce que j’en ai vraiment envie ?”

Chaque semaine, je vais donc suivre le nombre d’unitĂ©s d’alcool que je consomme.

Pour rappel, une unitĂ© d’alcool Ă©quivaut Ă  10 grammes d’alcool pur, ce qui reprĂ©sente :

C’est pour cela que les verres sont diffĂ©rents en fonction des alcools dans les bars.
#OnEnApprendTousLesJours

Prenons un exemple fictif.

En 2021, si je bois :

  • Semaine 1 : Rien

  • Semaine 2 : 4 pintes, 2 verres de vin, et 2 pastis

  • Semaine 3 : 2 demis et 2 verres de vin

Alors mon tableau ressemblera Ă  :

Pourquoi la semaine 2 est en rouge ?

Chaque pays a des recommandations diffĂ©rentes sur la consommation de l’alcool.

J’ai pris une tranche basse, en simplifiant (pas de distinction homme/femme).

Pour limiter les risques pour votre santé au cours de votre vie, il est recommandé de ne pas consommer plus de 10 verres standards par semaine, soit 2 verres standards par jour avec 2 jours sans boire.

Si le total dépasse 10 : la case passe au rouge.

Pour m’aider Ă  rĂ©duire, je vais me poser Ă  chaque fois la question suivante :

👉 Est-ce que j’en ai vraiment envie, ou bien est-ce par habitude ?


Pour conclure cet épisode, un numéro : 09 69 39 40 20.

Si vous ĂȘtes en difficultĂ© vis-Ă -vis d’une consommation excessive d’alcool et que vous ne savez pas comment vous en sortir, ou que vous avez quelqu’un dans votre entourage qui a besoin d’aide, ce numĂ©ro permet de joindre les Alcooliques Anonymes.

Si vous n’ĂȘtes pas certain de votre relation avec l’alcool, vous pouvez vous auto-Ă©valuer rapidement ici.

Et lĂ  il faut que l’on brise une autre idĂ©e reçue.

Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais bien de courage.

La personne qui vous rĂ©pondra est un alcoolique abstinent, membre des AA, qui a connu lui-mĂȘme votre situation, il saura vous Ă©couter sans vous juger.

Les AA ne vous promettent pas de rĂ©soudre vos problĂšmes. Mais ils vous apprendront comme vivre sans alcool “une journĂ©e Ă  la fois”, comment vous tenir loin du “premier verre” (concrĂštement et surtout par la pensĂ©e), le verre qui entraĂźne tous les autres verres. Une fois libĂ©rĂ©s de l’alcool, nous avons constatĂ© que la vie devenait beaucoup plus facile. Vous n’ĂȘtes pas responsable de votre maladie, vous l’ĂȘtes de votre rĂ©tablissement.

À trùs vite, pour un nouveau challenge,

Ulysse


Le saviez-vous ?

J’ai lancĂ© un atelier d’introspection en 40 jours pour apprendre Ă  se connaĂźtre.

En le parcourant, vous apprendrez Ă  Ă©valuer votre situation, Ă  faire de meilleurs choix, et Ă  reconnecter avec vos rĂȘves.

Chaque jour, vous découvrirez des ressources à explorer, des citations à méditer, et surtout, des questions à vous poser.

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