Challenge #1 : Mémoriser 1000 décimales de Pi

En 3 jours

Quand j’expliquais mon nouveau projet à mon entourage en mentionnant que le premier challenge allait être d’apprendre 1000 décimales de Pi, j’ai eu plusieurs réactions :

  • “C’est impossible…”

  • “Tu comptes passer combien de mois sur chaque challenge ?”

  • “Tu veux le faire en deux semaines ? Ok c’est ambitieux, mais ça semble jouable si t’es vraiment chaud.”

Bien que nous ayons tous étudié pendant des années, nous connaissons mal comment notre mémoire fonctionne.

Tout le monde a eu faux, y compris moi qui pensais que cela me prendrait une dizaine de jours.

Lorsque j’ai réussi à réciter les 1000 décimales au bout de seulement 3 jours alors que je ne connaissais aucune technique de mémorisation avant de commencer, je me suis rendu compte d’une chose :

Nous avons beaucoup de barrières mentales et c’est souvent ce qui nous empêche de nous lancer.

Dans cette aventure, je vous donnerai des outils pour dépasser vos barrières mentales.

Chaque challenge aura son thème, et donc sa méthode pour parvenir à l’objectif.


Pour ce premier challenge, nous allons nous intéresser à la mémoire.

Notre cerveau est un outil incroyable, et le vôtre a tous les atouts pour vous surprendre si vous apprenez à lui parler dans une langue qu’il maîtrise.

Il y a une semaine, si on m’avait dit que j’apprendrais 1000 décimales de Pi en 3 jours, je n’y aurais probablement pas cru. Pourtant, c’est bien ce qui s’est produit.

Voici ma vidéo à ce sujet :

Et voilà comment je me suis organisé, étape par étape :

  1. Faire des recherches sur les techniques de mémorisation

  2. Construire mes propres outils

  3. Apprendre les 1000 premières décimales de Pi


Faire des recherches sur les techniques de mémorisation

En premier, je suis allé retrouver une vidéo de Fabien Olicard que j’avais vue il y a quelques années.

Il y parle de Pi et donne quelques idées pour apprendre les 20 premières décimales.

Juste en regardant cette vidéo, je me suis dit que ce serait possible d’apprendre rapidement les 100 premières décimales de Pi en me créant une histoire mentale.

Sauf que…

Sauf que 100, ce n’est pas 1000, et l’histoire serait vite devenue interminable et décousue. Il me fallait d’autres outils.

J’ai tapé dans Google “Comment apprendre Pi ?” et suis tombé sur plusieurs articles et des vidéos (encore de Fabien Olicard) évoquant des techniques de mémorisation, mais cela n’était pas suffisamment concret pour réussir ce challenge.

J’avais cependant enfin des mots-clés sur lesquels me concentrer :

  • Table de rappel

  • Méthode PAO

  • Palais mentaux


Construire ses propres outils

La table de rappel

Les 5 sens sont très utiles pour se souvenir de choses. N’avez-vous jamais associé une odeur, une photo, ou bien une musique à un souvenir ?

C’est là qu’est notre problème pour Pi. Les nombres… ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique pour la mémoire.

En effet, si je veux différencier 71 de 72, eh bien ce n’est pas évident, que ce soit sur l’aspect visuel (la forme des nombres), ou le son que je produis si je les récite à haute voix. Ce sont deux nombres assez proches, et nous aurions vite fait de les confondre.

La table de rappel permet d’associer une image à chaque nombre. L’avantage des images, c’est que l’on va pouvoir créer des histoires en les associant, ce qui est bien plus simple à retenir.

Une table de rappel, c’est donc un code changeant un nombre en image.

Exemple :

  • 0 : Un trou (c’est rond)

  • 1 : Une frite (la forme fait penser à un 1)

  • 2 : Une paire de chaussettes (les chaussettes vont toujours par paire, soit 2)

  • 3 : Un cheval en bois (pour le cheval de Troie)

Ensuite, plutôt que d’apprendre une série de chiffres, on pourrait se raconter une histoire en associant les images.

Par exemple : pour 0 3 1 2, vous pouvez imaginer un trou, au fond duquel se trouve un cheval en bois, sur lequel est assise une frite portant des chaussettes (et pourquoi pas après tout ?).

Vous avez peut-être remarqué que mon exemple n’est pas si efficace, car l’image, bien qu’assez complexe, ne permet de se souvenir que de 4 chiffres.

C’est pourquoi, on va plutôt préférer associer un nombre composé de 2 chiffres à une image, et faire ainsi des associations pour 00-01-02-03-…-15-16-…-64 -65-…-98-99.

Par exemple, j’associe le 23 à LeBron James qui porte le numéro 23 aux Lakers, ou encore le 65 à un Schtroumpf car Eiffel 65 a fait la fameuse chanson : I’m blue.

Cela ne nous fait plus que 500 images à retenir plutôt que 1000 chiffres !

La méthode PAO

La méthode PAO consiste à se créer une table de rappel next level, puisque pour chaque nombre entre 00 et 99, nous allons associer non seulement un personnage (P), mais aussi une action (A), et un objet (O).

Cela permet ainsi de factoriser en une seule image, 6 chiffres. J’aime bien les raccourcis, et je prends celui-là très volontiers !

Par exemple, pour le 23, mon personnage sera LeBron James, l’action celle de dunker, et l’objet un ballon de basketball.

Pour le 65, j’imagine un Schtroumpf, avec l’action de rétrécir, et un champignon en objet.

Nous allons ainsi découper Pi en bloc de 6 chiffres, et associer aux deux premiers un personnage, aux deux du centre une action, et aux deux derniers un objet.

Pi commence par 3,14 15 92 65 35 89…

Nous avons ici deux blocs de 6 chiffres : 14 15 92 et 65 35 89.

Prenons le premier bloc. P = 14, A = 15, O = 92 : soit le personnage de 14, faisant l’action de 15, avec l’objet de 92.

Pour le second bloc, P = 65, A = 35, O = 89, soit le personnage de 65, faisant l’action de 35 avec l’objet de 89.

Pour faire des associations, il existe plusieurs méthodes.

Vous pouvez :

  • Faire des associations évidentes pour vous.

  • Trier par catégorie, comme associer des super-héros de 10 à 19, des amis de 20 à 29, puis des sportifs de 30 à 39, etc…

  • Faire des associations plutôt au niveau des objets ou des actions, puis lier un personnage ensuite.

  • Faire rimer un objet avec le nombre : 82 rime avec pneu, 83 rime avec carquois, etc.

  • Taper le nombre dans Google. J’ai par exemple cherché 36 dans Google et j’ai découvert que c'était le numéro atomique du Krypton => P : Superman / A: Tirer un laser avec ses yeux / O: Kryptonite.

Plus ce sera personnel et évident, et plus il sera simple de vous en rappeler. Trouvez la méthode qui vous convient.

Personnellement, je n’ai pas de logique particulière dans ma table de rappel. J’ai simplement cherché à créer les associations les plus parlantes pour moi.

En voilà un extrait :

Chaque association a une logique différente :

  • 10 : Numéro de Zidane

  • 11 : La forme du 11 fait penser à des bâtons de ski -> Les Bronzés

  • 12 : Âge de Peter Pan

  • 13 : Département de Marseille -> Jul

  • 14 : Baaaah… Louis 14

  • 15 : Le XV de France

Cela peut prendre du temps de construire puis de maîtriser une table de rappel, en particulier PAO.

J’ai passé presque deux après-midi à construire la mienne, ce qui était de loin l’étape la plus difficile du challenge.

D’ailleurs, j’ai appris les 1002 premières décimales de Pi sans connaître ma table de rappel par cœur. En effet, il n’est pas toujours aisé pour moi de donner l’image associée à un nombre. En revanche, je suis beaucoup plus à l’aise pour dire quel est le nombre associé en pensant à une image.

À ce stade, je n’avais toujours pas retenu une seule décimale de Pi, mais j’étais déjà fier d’avoir construit ma propre table de rappel PAO !

J’ai ensuite découpé Pi en bloc de 6 chiffres, et fait toutes les associations directement dans une spreadsheet.

J’ai utilisé une formule pour relier toutes les associations à ma table de rappel, un petit peu comme avec une base de données. À cause d’un petit souci de formatage, je n’ai pas le 0 qui s’affiche pour les premières associations. Il faut donc bien prendre en compte que 0 = 00, 1 = 01, 2 = 02, … 9 = 09. Ce n’est pas parfait, l’idée était d’aller vite !

Accéder à la spreadsheet à remplir

Vous pouvez la copier et faire votre propre table de rappel en remplissant l’onglet “Table data”.

Automatiquement, cela créera les associations dans l’onglet “Pi”.

Aussi, une fois terminé, vous trouverez à la fin des 167 blocs de 6 chiffres les éléments les plus récurrents dans vos associations.

Chez moi, le personnage qui revient le plus souvent est Gaël Faye (le P de 75), l’action celle de gonfler (le A de 19), et l’objet une caméra de cinéma (le O de 60). Pourtant, aucun d’entre eux n’est lié à la récurrence du chiffre la plus courante (P, A et O confondu) qui est 59.

Ça ne sert à rien, mais je trouve ça cool.

Les palais mentaux

Un palais mental, c’est un lieu que vous connaissez bien. Vous le connaissez si bien, que vous êtes capable de vous balader dedans mentalement.

Dans ce lieu, vous avez des spots bien définis comme la douche ou le lavabo d’une salle de bain. Ces endroits seront vos points de repère, puisque dans chacun, vous pourrez placer un bloc de 6 chiffres, représentant un personnage faisant une action avec un objet.

Le jardin de mes parents est l’un de mes palais mentaux. Je le visualise parfaitement, et je sais qu’à droite en rentrant, il y a toujours une voiture blanche. C’est pourquoi j’y ai placé le second bloc 65 35 89, ce qui donne dans ma table de rappel : Un Schtroumpf qui médite avec une Tour Eiffel.

J’imagine donc un Schrtoumpf sur le toit de la voiture, en position de méditation, avec une Tour Eiffel miniature posée à côté de lui.

L’avantage, c’est que tout cela se passe dans votre tête. Vous pouvez donc imaginer n’importe quoi.

Astuce : plus c’est absurde, plus vous le retiendrez.

Si je reprends mon exemple précédent, j’ai plus de chance de retenir la scène en plaçant la tour Eiffel en équilibre sur la tête du Schtroumpf pendant qu’il médite.

Vous allez donc vous balader de spot en spot dans vos palais mentaux, en visualisant chaque image. Il n’y a plus qu’à réciter les nombres qui y sont associés.

Essayez. C’est plus facile à faire qu’à dire !

D’ailleurs, vous pouvez rajouter sur votre spreadsheet une colonne avec des indications pour chaque spot afin de ne rien oublier, ainsi qu’un code couleur pour chaque changement majeur de lieu.

Par exemple, j’ai utilisé le jaune pour un changement d’endroit où je repassais devant des spots au sein d’un même palais mental (par exemple remonter de la cave pour aller dans la cuisine), et le rouge pour passer d’un palais mental à un autre.

Cela permet aussi de très vite se repérer dans la spreadsheet. Pratique.


Apprendre les 1000 premières décimales de Pi

Maintenant que tous nos outils sont en place, il est l’heure d’apprendre !

J’ai procédé par palais mental.

À ma première séance, j’ai rempli toute la maison de mes parents, en plaçant un total de 300 décimales. Je me baladais dedans, je m’arrêtais à chaque spot, je visualisais l’association, puis j’avançais. Ensuite, j’ai refait le trajet plusieurs fois pour bien m’en souvenir.

Je me suis d’ailleurs ajouté une petite règle pour ne pas me perdre sur le chemin : j’irai toujours de spot en spot en longeant le mur de droite. Efficace si, comme moi, vous vous perdez souvent.

Au début de la seconde séance, j’ai commencé par répéter les 300 premières, et à ma grande surprise, je n’ai fait qu’une seule erreur.

Je commençais à prendre le truc, et à aller de plus en plus vite. J’ai rempli deux palais mentaux supplémentaires, à savoir la maison de mon enfance, et les bureaux de mon ancienne boîte, montant ainsi à 756 décimales.

À la dernière séance, j’ai placé les dernières décimales dans l’un de mes appartements lorsque je vivais à Saint-Etienne, puis dans le bar que j’avais l’habitude de fréquenter à l’époque (RPZ le Soggy Bottom). J’ai ensuite relié chaque palais mental avec une petite histoire.

À ce stade, j’apprenais plus d’une centaine de décimales par heure.

Si aujourd’hui j’imagine être techniquement capable d’en apprendre 1000 en une journée en étant à fond, je pense que ce n’est pas idéal d’aller trop vite. En effet, dormir permet d’ancrer ce que l’on vient d’apprendre.

Un exercice que j’ai fait lors de ces trois jours a été de me réciter chaque soir toutes les décimales que je connaissais, puis de recommencer l’exercice au réveil. C’était très efficace pour figer les images dans ma mémoire.

Lorsque j’avais du mal à retenir un bloc, je rajoutais des détails (souvent absurdes) à mon image. Cela peut paraître contre-intuitif de rajouter des éléments, mais cela peut vous aider à retenir.

Je regrette presque de n’avoir découvert ces méthodes que maintenant. Je suis passé par une prépa et une école d’ingénieur, et connaître tout cela m’aurait vraiment aidé !

Si vous avez aimé cet article, je vous invite à le partager à des étudiants à qui cela pourrait faire gagner un temps considérable.


Pour finir, je vous propose une petite balade en décimales de Pi dans le jardin de mes parents. On pourrait appeler ça un Pi Garden Tour.

À très vite, pour un nouveau challenge !

Ulysse


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